Monologue de l'animal (poulet) à l'abattoir
Après l'élevage en batterie, me voilà à l'abattoir...Lâche espèce humaine. Je suis là, je chante...
C'est le tango des bouchers de La Villette
C'est le tango des tueurs des abattoirs
Venez cueillir la fraise et l'amourette
Et boire du sang avant qu'il soit tout noir
Y'aurait pas eu d'abattage en série comme là où je vais sans la boucherie de verdun...Quelle lâcheté!... Avoir dû en passer par la boucherie sur soi-même pour l'appliquer à l'animal sans le moindre remords... Sapiens sapiens sans cojones...Et je chante
Faut qu' ça saigne
Faut qu' les gens ayent à bouffer
Faut qu' les gros puissent se goinfrer
Faut qu' les petits puissent engraisser
Faut qu' ça saigne
Faut qu' les mandataires aux Halles
Puissent s'en fourer plein la dalle
Du filet à huit cent balles
Faut qu' ça saigne
Je pourrais accepter d'être bouffé mais y'a les conditions mes chers...Rester un repas de fête et être tué par celui qui m'a elevé, qu'il me regarde, qu'il se rende compte de son geste...Que j'vois ses cojones quoi!...Là d'accord, je veux bien que le dimanche midi, la famille me bouffe, pour tout dire, j'en serais même plutôt fier.
Faut qu' les peaux se fassent tanner
Faut qu' les pieds se fassent paner
Que les têtes aillent mariner
Faut qu' ça saigne
Faut avaler d' la barbaque
Pour êt'e bien gras quand on claque
Et nourrir des vers comaques
Faut qu' ça saigne
Bien fort

